<FONT COLOR="#000000">Sa vie avec et sans Ovila</FONT>
Sa vie avec et sans Ovila



 photo,Émilie à 21 ans



Émilie est engagée comme institutrice à l'arrondissement No 5 au rang Le Bourdais à St-Tite pour l'année 1899-1900.


Ce village est situé à 60 kilomètres de Trois-Rivières, à 130 Kilomètres de Québec et à 200 Kilomètres de Montréal. Il compte 3314 habitants.


Monsieur Léo Allard se souvient avec exactitude de l'intérieur de l'école No5 de St-Tite: " Pour la suite.


Cette petite école du rang Le Bourdais change la vie de la petite institutrice:de sa fenêtre, elle voit tous les jours la terre de ses nouveaux voisins, les Pronovost. Émilie est loin de se douter qu'ils deviendront un jour sa belle-famille. Elle fait la classe à plusieurs membres Pronovost, entre autres à à Éva, à Rosée, à Oscar, à Émile et à Ovila.


Ovila... Cet élève a quelque chose de plus que les autres. Sa grande beauté physique le distingue certes de ses camarades, mais aussi ce petit quelque chose de plus profond, de plus pur, cette beauté de l'âme...

Ovila n'a pas encore 18 ans, alors qu'Émilie en a déjà 20. Mais très vite son jeune élève devient l'homme de sa vie. Elle le trouve tellement beau! acute;milie accorde beaucoup d'importance à la beauté physique. Pour elle, c'est un véritable coup de foudre. Ovila, quant à lui, est amoureux de sa "maîtresse d'école" depuis longtemps. Depuis qu'elle est là, apprendre lui est devenu tellement agréable.

Leurs fréquentations demeurent cachées quelque temps, question de ne pas faire jaser les gens inutilement. Les commissaires sont très exigeants quant au comportement des institutrices. Que diraient les gens de la voir fréquenter un de ses élèves?

Puis un jour, Ovila demande la main d'Émilie.



Émilie dans sa robe de mariée

Le 9 septembre 1901 la paroisse de Saint-Stanislas brille de toute sa beauté: Émilie devient l'épouse d'Ovila Pronovost. Si elle se marie à l'âge de 21 ans, c'est qu'elle attendait sa majorité pour épouser Ovila, ses parents s'opposant à ce mariage. Comme toute bonne mère, Célina s'inquiètes pour sa fille, mais Émilie n'entend rien, elle vit une passion folle pour Ovila.

Pourquoi les parents d'Émilie s'opposent-ils à ce mariage? Caleb a-t-il le pressentiment que ce solitaire n'est pas préparé à rendre sa fille heureuse? Émilie est une jeune femme qui ne ressemble en rien aux autres femmes de son temps. Elle a en elle un petit quelque chose de trop moderne pour Ovila. Ses parents ont-ils deviné les faiblesses d'Ovila? Caleb a-t-il remarqué chez son gendre ce grand besoin de liberté ?

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Son rôle de mère



Le premier accouchement d'Émilie est très éprouvant, comme le seront d'ailleurs tous ses accouchements. Le 9 juin, neuf mois jour pour jour après son mariage, elle commence à sentir les premières douleurs du travail. Elle souffre terriblement pendant trois jours. Le 11 juin 1902, sa première fille, Rose, voit le jour.

Elle accouche d'une deuxième fille, Marie-Ange, le 22 septembre 1904.

Émilie a une troisième fille, Louisa, le 7 octobre 1905. Son accouchement est extrêmement pénible: Louisa est à domicile le 8 octobre.

Le 29 mars 1906, elle meurt. C'est un moment très pénible pour Émilie.

Contrairement à ce qu'on raconte, certains membres de la famille prétendent que ce n'est pas Ovila qui trouva Louisa morte dans son petit lit. Ce dernier était, semble t-il, dans le bois au moment du décès de sa fille. On soupçonne qu'Émilie, enceinte de trois mois, fit cette macabre découverte.

L'acte de décès de Louisa n'éclaircit pas la question puisqu'il mentionne que le père de l'enfant, Alvida Pronovost, était présent à l'inhumation mais qu'il a déclaré ne savoir signer. Or, on sait pertinemment qu'Ovila Pronovost, n'était pas analphabète. Les nombreux documents qu'il a signé avant le décès de sa fille le prouvent. Est-ce qu'Ovila était présent au décès de Louisa? Est-ce Émilie ou Ovila qui a trouvé le corps sans vie? Le mystère demeure entier...


Pour voir la suite et pour voir les documents


Son premier garçon, Émilien, voit le jour le 5 septembre 1906. Cela soulage un peu sa peine sans pour autant faire disparaître la souffrance de cette mère en deuil d'un enfant. La naissance de son fils l'aide néanmoins à passer plus facilement à travers cette épreuve.

Dans la peur, Émilie donne naissance à cette fameuse Blanche... qui ne voit pas le jour dehors dans la neige, comme le veut la légende, mais comme les autres, dans un lit. Blanche naît le 27 février 1908.

Quelques mois à peine après la naissance de Blanche, Émilie apprend qu'elle est de nouveau enceinte. Son rêve d'avoir une famille nombreuse est en voie de se réaliser.

Le 1er novembre 1909, elle donne naissance à un garçon. Ce sixième enfant, fragile, appelé Paul-Ovide, causera beaucoup d'inquiétudes à Émilie.

La naissance d'un septième enfant prouve que l'amour existe encore entre eux. Le 25 février 1911, Clément vient au monde.

Le 30 mai 1912, c'est au tour de Jeanne à venir s'ajouter à cette famille déjà si nombreuse.





La mort de Dosithé







Le 19 juin 1913, Dosithée Pronovost décède. C'est une grande perte tant pour Émilie que pour Ovila. Certes, ce dernier perd l'homme qui lui a donné la vie, mais Émilie, elle, a l'impression de perdre son protecteur. Elle a toujours eu une relation exceptionnelle avec son beau-père. Dosithé voulait aider Émilie parce qu'il se sentait coupable du mal que lui faisait Ovila. Il regrettait de n'avoir su donner à son fils les valeurs d'un père de famille responsable.



Chez Dosithé en 1910
Assis, Émile (Ti-ton)son fils Roland et son épouse Hélèna Massicotte.
Debout: Ovide, Dosithé et Edmond


Terre ancestral des Pronovost en 1950


Le 18 octobre 1914, Émilie donne naissance à une autre enfant: Alice.
Elle a la certitude de porter deux bébés tant elle souffre, mais seule une petite fille voit le jour. Émilie et Ovila aimeraient bien qu'Alice soit leur dernier enfant.

Puis c'est au tour d'Émilie de devenir orpheline de père.Caleb meurt durant son sommeil le 10 janvier 1915. À peine est-elle remise de cette douleur que son jeune beau-frère Télesphore meurt à l'âge de 23 ans d'une maladie des poumons. Nous sommes le 13 mai 1915. Télesphore est enterré dans un cercueil unique. En effet, le jeune homme, qui était bijoutier, avait demandé à ses frères Ovila et Edmond de lui fabriquer un meuble de travail. À son décès, on transforme le meuble non terminé en cercueil. Certaines gens de St-Tite s'en souviennent encore. Ovila fut très bouleversé par le départ prématuré de son jeune frère.

Après avoir vécu pendant 15 ans au rang le Bourdais, Émilie, Ovila et leurs enfants déménagent dans la ville de Shawinigan, Ovila ayant trouvé du travail à la compagnie Belgo-Canadian Pulp & Paper. Émilie quitte donc St-Tite la larme à l'œil.

À Shawinigan, la famille habite dans un grand logement à l'étage d'une maison. Ce logis est un petit château pour les Pronovost: Ils ont maintenant l'eau courante, l'eau chaude et même l'électricité! Mais Émilie est malheureuse en ville. C'est une femme de la campagne...

Leur neveu Roland Pronovost se souvient de ce déménagement:" La suite.

En décembre, Célina suit son mari dans ce monde meilleur. Émilie apprend que sa mère, craignant de plus en plus l'arrivé du premier Noël sans son mari, commençait à mourir lentement.

En 1917, elle a la surprise d'apprendre qu'elle et Ovila ont une fois de plus conçu un bébé.

Le 31 août 1917 à seize heure, Émilie, enceinte de cinq mois ouvre la porte à un huissier. Ovila reçoit une sommation à comparaître en cours pour un compte non-payé chez un commerçant. Même si Rolande est décédée aujourd'hui et qu'il est difficile de trouver une réponse à mon questionnement, je pense qu'Émilie, Ovila et les enfants vivaient dans la grande misère en ce mois d'août 1917.

Est-ce que cet évènement a quelque chose à voir avec leur départ de Shawinigan?

À l'aube de ses 38 ans, Émilie donne naissance à son dixième enfant. C'est Rolande ce beau bébé qui sera la consolation de sa mère, puisque quelques mois après sa naissance, son père partira...pour ne jamais revenir.

On dit que le premier bébé fait le chemin pour les autres. Son dixième accouchement prouve le contraire puisqu'elle resta 36 heures dans les douleurs avant de donner naissance à sa dernière fille, le 6 décembre.

À peine quelques mois après la naissance de Rolande, Ovila décide de s'installer à Barraute en Abitibi. Il espère cultiver des terres et y faire venir sa famille. À cette époque, on pouvait acheter en Abitibi un lot de terre pour seulement trois dollars. Mais cette idée est loin de plaire à Émilie. Elle n'a plus confiance en son mari, qui disparaît pendant des jours et qui ne rapporte pas toujours l'argent nécessaire pour nourrir sa famille. Ovila a un grave problème d'alcoolisme, et tout l'argent gagné se retrouve souvent à l'hôtel ou chez les Indiens. Émilie essaie en vain de lui faire comprendre que s'il n'a pas été capable de cultiver une terre dans sa place natale, il ne le sera pas plus en Abitibi.


Une nouvelle vie commence


La famille Pronovost quitte Shawinigan. Ovila prend le train pour Barraute tandis qu'Émilie et ses enfants retournent vivre à St-Tite, le seul endroit au monde où ils sont heureux.

Elle habite maintenant dans une petite maison située en face de la gare, celle qu'elle habitait avec Ovila ayant été démolie.


 (Émilie et Émilien vers 1918)


Maintenant, elle doit vivre sans lui. Les plus jeunes habitent avec elle: Émilien, 13 ans; Paul, 8 ans; Jeanne, 7 ans; Alice, 5 ans; Rolande 2 ans.

Elle doit aussi s'habituer aux regards remplis de sous-entendus et aux chuchotements des voisins. Lorsque des gens trop curieux posent des questions indiscrètes aux enfants, Émilie leur répond tout simplement: Dites-leur de venir le demander à votre mère.

De temps en temps, Ovila revient voir Émilie, mais il ne reste que quelques jours, puis repart.

Aldola Jacob se souvient: Témoignage

Les heures qu'Ovila passent à l'hôtel n'aident pas sa cause auprès d'Émilie. Il n'est pas suffisamment responsable pour qu'elle lui donne une autre chance et Ovila sort donc définitivement de sa vie.

En 1919, Émilie reçoit 200$ par année plus 10$ pour le ménage et l'allumage du poêle. Elle enseigne alors à l'école du haut du lac, toujours à St-Tite. La suite.

Madame Jean-Marie Langlois, une élève d'Émilie témoigne: Pour lire l'entrevue.

Monsieur Paul Hardy, de St-Tite, se souvient avec tendresse d'Émilie qui enseignait tout près de chez lui:Pour lire l'entrevue





Félicité Bédard-Pronovost


Le 5 juin 1923, Félicité Bédard Pronovost meurt au Lac-à-la-Tortue. (Félicité est née le 29 mars 1850, à Sainte-Geneviève de Batiscan.) Ce deuil touche beaucoup Émilie. Eva sa belle-soeur, ramène le corps de Félicité à St-Tite, qui est exposée chez son fils Émile (Ti-Ton). Pour veiller au corps, Ovila revient à St-Tite. Il y a longtemps que son regard n'a pas croisé celui d'Émilie. On raconte qu'Ovila a refait sa vie. Il habite alors au Lac Duparquet avec une Indienne...

La suite.




Emilie; l'attraction du village


Le 22 mai 1926, Émilie jubile de bonheur: elle devient grand-mère pour la première fois. Sa fille Marie-Ange, qui habite à Montréal, donne naissance à une fille qui porte le prénom d'Aline. Mais, comme c'est souvent le cas dans la vie d'Émilie, après le bonheur suit le malheur. Trois jours après la naissance de sa petite fille, Emilie a la douleur de perdre celui qu'elle considère comme son deuxième père: le curé Grenier rend l'âme à l'âge de 75 ans..





Curé Jean-Baptiste Grenier

André Périgny qui a déjà été l'élève d'Emilie nous partage ses souvenirs: Lire.




L'Abitibi




Durant l'année 1928-1929, Émilie vit au rang Calamité à La Sarre en Abitibi.Pourquoi est-elle partie en Abitibi alors qu'elle s'est battue pendant de longues années pour ne pas aller rejoindre son époux? Presque tout ceux que j'ai rencontré affirment qu'Émilie est allée retrouver son mari Ovila... Elle enseigne à La Sarre alors qu'Ovila habite tout près.

Une lettre éécrite par Emilie et datée du 7 janvier 1928 nous parle un peu de son année en Abitibi. Lire la lettre.



Maison où habitait Émilie à St-Tite




À son retour d'Abitibi, Émilie quitte temporairement l'enseignement. Elle habite alors une jolie maison au 161, rue Du Moulin à St-Tite. Le propriétaire de cette maison a un travail qui l'oblige à se déplacer. Émilie habite la maison pour autant qu'à son retour à St-Tite le propriétaire ait sa chambre pour dormir.







Adieu St-Tite



En 1932-1933, à l'école du petit rang St-Georges, à Lac-aux-Sables (Hervey-Jonction), de jeunes garçons donnent des problèmes à une jeune institutrice. Les commissaires de l'école, qui connaissent une institutrice plus sévère que les autres et qui habite à St-Tite, lui demandent de venir calmer ces jeunes à problèmes. Émilie a l'appui sans condition des parents, qui veulent de l'ordre et de la discipline dans leur école.

Émilie quitte donc St-Tite pour ne plus jamais y revenir. D'ailleurs, il est devenu très difficile pour elle d'habiter dans ce village où sa vie est connue de tous. certaines personnes changent même de trottoir l'orsqu'elles voient arriver Émilie. Elle est sévèrement jugée par ces regards constamment dirigés vers elle. Émilie apprend donc à marcher avec une force peu commune.

De cette époque, les élèves ont d'excellents souvenirs d'Emilie, mais certains se souviennent d'elle comme d'une institutrice trop sévère qui s'y prend très mal pour assagir ses élèves.

Monsieur Georges Henri Marcotte, qui fut un élève d'Emilie durant quatre ans, se souvient: Lire les entrevues des élèves et les détails de la vie d'Émilie à cette époque.



Emilie retrouve Ovila



Le 15 septembre 1937, l'église de Saint-Stanislas accueille dans son enceinte la fille d'Émilie, Alice, qui épouse Henri Boisvert. Rolande raconte: Je me souviens que le jour du mariage d'Alice, maman avait de la joie dans le visage...

De fait, ce premier mariage a une signification spéciale pour Émilie. Elle donne la main de son premier enfant, c'est vrai, mais il y a plus. Il est présent... Son mari est devant elle marchant au bras de sa fille... Voir Alice avancer dans la même allée qu'elle a franchie 36 ans plus tôt la secoue énormément.

La suite.

En 1939, c'est au tour de Marie-Ange de prendre mari. Elle épouse le père de sa fille à Montréal.

Le 9 septembre 1940, Emilie fait une demande de pension après une longue carrière dans l'enseignement. À 60 ans, sa santé ne lui permet plus d'enseigner.

Un an à peine après sa demande de pension, elle décide de retourner à sa grande passion, l'enseignement. Après avoir été indécise pendant très longtemps, elle part finalement pour Rapide Sept, près de Cadillac en Abitibi, où on demande une institutrice sur un chantier. Maintenant que ses enfants sont élevés, plus rien ne peut l'empêcher de partir vivre là-bas.

Elle se retrouve donc dans ce coin de pays qui a si longtemps été son ennemi. L'Abitibi ne lui a-t-elle pas volé son époux? De toute manière, presque toute la famille habite maintenant là-bas; il ne reste plus personne à St-Tite. Les enfants d'Emilie sont, sans aucun doute, d'abord et avant tout les enfants d'Ovila Pronovost.



 (Émilie à 65 ans)


En 1944, âgée de 65 ans, Émilie prend de nouveau sa retraite, mais cette fois pour de bon, et s'installe à Saint-Stanislas, son village natal. Là-bas, elle retrouve son frère Napoléon, avec qui elle a maintenant des liens très solides. Au moins dans ce village, elle n'est pas pointée du doigt! Elle n'est pas Émilie Bordeleau Pronovost, celle qui a...




De retour à Saint-Stanislas




Elle habite une jolie petite maison au 130 de la rue Principale Avec ses voisines, elle partage plusieurs loisirs et centres d'intérêt. Une voisine d'Émilie, Monique Mongrain, partage ce qu'elle a vécu: pour lire sa vie à Saint-Stanislas.

Quand la maladie s'empare d'Émilie, son équilibre lui cause de sérieux problèmes: elle tombe parfois par terre et urine du sang. Sa fille Blanche, qui a les compétences pour lui prodiguer les soins adéquats, vient donc la chercher à Saint-Stanislas pour l'emmener chez elle, à St-Lambert. Elle est hospitalisée quelque temps, mais c'est chez Blanche qu'elle vit ses derniers moments.




Le 28 décembre 1946, elle s'éteint doucement, victime d'un cancer des reins.




Son corps est transporté par le train jusqu'à la gare de Saint-Stanislas. Elle est exposée dans l'église; c'est d'ailleurs la seule femme à y avoir droit.

La suite. C'est toute une époque qui s'est enfuie avec le décès d'Émilie. Comment oublier cette femme qui fut certes critiquée jadis, mais tellement extraordinaire!
Ce qui ressort de la vie d'Émilie Bordeleau, c'est qu'elle est née avant son temps. Elle ne se pliait pas aux exigences de l'époque simplement parce qu'il fallait le faire. D'ailleurs, elle répétait souvent: "Entre le principe et la réalité, la marge est grande."

Aucun homme, à part Ovila, n'a pu entrer dans son coeur. C'était une femme secrète, qui ne laissait jamais transparaître sa souffrance. Même plusieurs années après sa séparation avec Ovila, elle ne dépréciait jamais son mari, mais elle ne lui attribuait pas de qualités non plus. Elle n'en parlait tout simplement pas. Elle voulait probablement oublier...

Si Émilie vivait aujourd'hui, elle ferait sans doute de la politique, m'assure-t-on. Elle était avant-gardiste et elle ne se préoccupait pas des qu'en-dira-t-on. Elle fonçait... elle voulait... et surtout elle aimait...

Émilie désirait laisser en héritage à ses enfants des valeurs impérissables, et elle l'a fait. Elle leur a laissé le goût de l'instruction et de la passion. Cette passion, qu'elle tient de sa mère, la suit encore, puisque quatre générations d'institutrices se sont succédé dans la famille d'Émilie.
Il y eu tout d'abord Célina, sa mère, ensuite Émilie, puis en troisième génération, certaines de ses filles, et en quatrième génération, certaines de ses petites filles.

Émilie, ta petite fille Arlette a fait en sorte que les gens te découvrent et t'apprécient. J'espère faire en sorte que, comme moi, ils ne t'oublient jamais...


signature d'Émilie





Qui est Ovila?







On dit qu'on ne vit la passion qu'une seule fois dans toute une vie. Emilie Bordeleau en a eu une, et cette passion s'appelait Ovila Pronovost. Fils de Dosithé Pronovost et de Félicité Bédard. Il est né le 24 mars 1882 à St-Tite. Baptisé Charles en l'honneur de son parrain Charles Bédard. Il porte plusieurs prénoms dans sa vie, marié sous le nom d'Alvida on le retrouve parfois sous le nom d'Ovila comme témoin, par exemple au mariage de sa fille Alice. On dit que sa famille et ses amis l'appelaient Ovila.

Ovila était un homme plutôt solitaire qui ne parlait pas beaucoup. Il avait plusieurs talents cachés dont le chant, la guitare et le violon. Imposant par sa stature, il a été à une certaine époque le plus bel homme du village. Ses yeux bleu vert séduisaient plusieurs femmes du village.

c'est sa "maîtresse" d'école qu'il épousa alors qu'il n'avait que 19 ans. Mais une blessure intérieure l'empêchait de prendre soin convenablement de sa famille. Après 17 ans de vie commune, il y eut une rupture entre lui et Emilie.

Son départ pour l'Abitibi creusa un gouffre de plus en plus profond entre eux.

En 1921, Ovila est poursuivi en justice par Monsieur Ivanhoe Frigon, un marchand à qui il doit la somme de 246.65$. Voir document.Il habite alors à Amos en Abitibi.

Il ne se présente pas en cours et reçoit un avis "défaut de comparaître" le 4 février 1921.Cet incident prouve le manque de responsabilité d'Ovila. Monsieur Moncalm Giones a connu Ovila: Lire l'entrevue. En 1935, on retrace Ovila au Lac à la tortue où habitait sa soeur Éva Pronovost. Il assiste alors à l'anniversaire d'un certain Adolphe Dupont. Ovila habite à ce moment à Hérouxville en Mauricie.

On pert ensuite sa trace jusqu'en 1951 alors qu'on le retrouve à Montréal. Il habite "Aux portes du ciel" un foyer pour les personnes âgés qui sont sans ressources monétaire (vagabond). Ce foyer était situé au 420 de la rue St-Paul Est dans le vieux Montréal. On ne connaît pas la raison qui l'a poussé à venir vivre à Montréal. C'est probablement dans le but de se rapprocher de certaines de ses filles qui habitaient la métropole. Mais ce fut sans succès.

le 30 octobre 1951 à 22h00, il se présente à l'hôpital St-Luc à Montréal. Il y restera pendant 9 jours. Le 8 novembre 1951, à 7h45, Ovila n'est plu. Il est décédé d'une hémorragie cérébrale. Il souffrait d'un cancer généralisé. Ce cancer s'est formé à la lèvre par une plaie qui ne guérissait pas depuis 1947. On raconte qu'avant de mourir, il tenait fermement un chapelet noir contre lui. Il pleurait beaucoup mais ne se plaignait jamais. La seule chose qu'il osait demander c'était une cigarette de temps en temps.

Le corps d'Ovila fut transporté à St-Tite par le train en provenance de Montréal. Dans le cimetière où repose Ovila, il ne subsistait jusqu'à tout récemment, qu'une simple croix de bois sur l'endroit de sa dernière demeure. En 1991, sa fille Rolande qui est pourtant celle qui ne l'a pas connu, lui offrit un monument. Elle a d'ailleurs déjà réservée sa place pour l'éternité auprès de son époux et de son père Ovila.





Venez clavarder et parler d'Émilie et d'Ovila!
 


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