Qui est vraiment Émilie Bordeleau ?



Marie Émilie Bordeleau
, fille de Caleb Bordeleau et de Célina Dessureau,
naît le 21 décembre 1879 au Québec, dans le village de Saint-Stanislas, comté de Champlain.
Saint-Stanislas est le berceau de Caleb et d'Émilie. Ce village est situé dans un coin pittoresque de la Mauricie, au coeur d'une vallée baignée par les rivières Batiscan et des Envies et des Chutes. Cette paroisse est l'une des plus anciennes du diocèse de Trois-Rivières.

Elle est la deuxième enfant d'une famille de dix, qui compte quatre filles et six garçons. À sa naissance, on lui donne le prénom d'Émilie, en l'honneur de ses grands-mères maternelles et paternelles qui portaient, elles aussi, ce joli prénom.


L'enfance d'Émilie ne diffère en rien de celle des autres enfants. À Saint-Stanislas, personne ne se doute que la petite Bordeleau de la Côte St-Paul deviendra l'une des institutrices les plus admirées à du Québec.

Petite fille, la jeune Émilie est déjà très déterminée. Elle a, dès cette époque, cette qualité qui fera d'elle la "maîtresse d'école" dont tous se souviendront. Elle fréquente d'abord l'école du rang de la Côte St-Paul, puis l'école modèle du village de Saint-Stanislas. Elle adore lire et se passionne pour les études.

 École modèle à Saint-Stanislas

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Lorsqu'elle atteint l'adolescence, son père lui demande de quitter l'école. Selon lui, Émilie est beaucoup trop âgée pour continuer ses études. Après tout, ce n'est qu'une fille... Et puis, sa mère, qui est atteinte du diabète, aurait bien besoin de l'aide de ses filles à la maison. Mais Émilie caresse un rêve... Comme sa mère, elle voudrait être institutrice. Son père désaprouve son choix: l'idée de voir sa fille partir vivre seule dans une école de rang, dans un village inconnu, ne lui plaît guère. Toutefois, avec la détermination qui la caractérise si bien, Émilie s'entête à poursuivre son but.





Caleb et Célina, les parents d'Émilie





L'institutrice



Malgré le refus de son père, Émilie devient institutrice à Ste-Thècle de Champlain dans l'arrondissement no5. Trente-sept kilomètres séparent Ste-Thècle du village de Saint-Stanislas. Pour s'y rendre en calèche, Émilie doit parcourir trois heures de route. Selon les documents, elle commence sa carrière d'institutrice sans avoir obtenu un diplôme. Émilie n'a alors que 15 ans, et elle donne la classe de la première à la septième année. Elle enseigne dans une école de rang à des élèves à peine plus jeunes qu'elle, ce qui lui demande une force et une maturité hors du commun. Elle se doit d'imposer le respect malgré son jeune âge, ce qu'elle réussit très bien.

Le 9 janvier 1896, l'inspecteur d'école, monsieur Lefebvre, mentionne que: "La salle de classe de l'école où enseigne Mlle Bordeleau est trop petite, (que) les cabinets d'aisances doivent être réparés et (que) l'école n'est pas suffisamment pourvue de cartes géographiques.(...)plusieurs institutrices, dont celle de l'école No 5 (Emilie) ne sont pas diplômées ; comme elles ont été engagées sans autorisation, les commissaires d'écoles sont exposés à être privés de leur part de subventions


À la suite de ce rapport, Émilie décide de faire ce qu'il faut pour obtenir son diplôme d'institutrice.

Pour l'année 1898-1899, Georges Béllangé et François Béland commissaires de Ste-Thècle considèrent que: pour la suite."

Un jour, un contribuable se plaint aux commissaires qu'un de ses enfants a reçu une correction de la "maîtresse". Selon les témoins la correction était par ailleurs très légère. Comment Émilie peut-elle faire comprendre aux gens, qu'elle a une tâche énorme, qui la dépasse même parfois?

Le 7 février 1899, l'inspecteur J.O. Thibault rend visite aux élèves de l'école d'Émilie: "39 élèves présents sur 66 inscrits au journal d'appel. Assistance moyenne 55.(...) Il Il y a application pour l'écriture concernant quelques élèves encore présents et aussi quelques-uns ont des cahiers trop avancés pour leur capacité (...) La discipline me paraît bonne ainsi que la tenue. Notes d'examens: Bien satisfaisante. L'assistance est meilleure que l'année dernière mais c'est une école nombreuse qui donne beaucoup de travail. Il est malheureux qu'un bon nombre de parents ne donnent pas à leurs enfants tout ce qui est nécessaire à l'école."
(Référence;ANQ.Q. FONDS: Éducation, E13. Département de l'Instruction publique. Remarques de l'inspecteur J.O. Thibault. Saint-Thècle.Le 7 février 1899.)



En effet, certains enfants se rendent à l'école pieds nus et sans aucun effet scolaire. De plus, les parents ont besoin de bras pour cultiver la terre; par conséquent, les garçons quittent presque toujours l'école avant l'âge de 14 ans. Le travail manuel et la force physique sont plus valorisés que l'instruction. Aussi, aux temps des semences et des récoltes, le nombre d'absences augmente de jour en jour. Certains prétendent même qu'il n'est pas nécessaire qu'une fille soit trop instruite. Le vrai métier de la femme de l'époque est celui d'être mère de famille.

En 1899, Émilie se retrouve au milieu d'une controverse.... Pour la suite... Le village de Ste-Thècle perd donc sa petite institutrice de l'école No 5.






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