2-La
Personne
Neurosciences du Comportement (12)
notes 12: Épilogue extraits (pages)
Mécanismes de
l'agressivité
Facteurs déclenchant l'agressivité
Solutions au problème actuel
d'agressivité
On s'intéresse de plus au plus au problème de l'agressivité,
problème fondamental du monde contemporain : agressivité individuelle, des groupes, des
États.
Il paraît nécessaire de distinguer les mécanismes
biologiques et neurophysiologiques de l'agressivité, de sa finalité, et de ses facteurs
avant de décider qu'elle est nécessaire comme beaucoup le pensent encore.
Mécanismes de
l'agressivité
1- Met en jeu
essentiellement l'hypothalamus (le cerveau le plus ancien, appelé cerveau
reptilien).
Finalité : survie de l'organisme dans son ensemble (réaction
de lutte envers le milieu).
2- Présence du système
limbique (le cerveau des vieux mammifères).
Lui donne sa tonalité affective : recherche de la domination
sexuelle (ensemble affectif inconscient paléocéphalique, base de la reproduction,
du besoin d'être aimé, admiré)
3- Ajout du cortex
associatif (le néocortex chez l'Homme).
Imaginaire : représentation de situations pas encore vécues
(construction à partir d'expériences antérieures pas nécessairement agressives).
La crainte d'un avenir sans sécurité fournit au vieux cerveau
matière à mobiliser les moyens de lutte organique.
La vie en société ne permet pas à ceux-ci de
s'extérioriser. L'agressivité refoulée, réprimée par des automatismes sociaux,
deviendra source principale d'affections psychosomatiques.
L'impossibilité d'évitement par fuite rendra le climat des
relations interhumaines tendu, violent et accepté comme tel (prétextes de concurrence,
compétivité. etc.)
Un simple jugement de valeur transforme un automatisme primitif
(lutte) en qualité nécessaire. (178)
Facteurs
déclenchant l'agressivité
1- Urbanisation, impossibilité de
l'évitement
Rivalités et luttes entre hordes du néolithique entraînaient
la fuite du plus faible vers un autre territoire. Solution interdite aujourd'hui.
2- Division
du travail et aliénation au groupe social
Sécurité mieux assurée qu'aux époques précédentes et
longévité accrue. L'agressivité, non dirigée vers le milieu inanimé, se tourne vers
l'homme contemporain qui devient l'obstacle à la domination, à la réalisation des
désirs individuels et inconscients. L'autre est l'ennemi à détruire alors que les lois
sociales s'y opposent.
L'individu seul, ne pouvant assouvir son agressivité contre
l'ensemble social, s'unit à ceux que leur niche rapprochent de lui. Les groupes sociaux
surgissent et leurs antagonismes permettent l'expression d'une agressivité qui camoufle
l'individu. (179)
Solutions
au problème actuel d'agressivité
Les moyens de défense, fuite ou lutte, sont
généralement dangereux quand l'agression ne peut être évitée. L'agressivité de
l'homme primitif pour se défendre dans un milieu hostile est aujourd'hui inefficace
puisque l'agent agresseur a changé.
L'exploitation de l'homme par l'homme est un fait sociologique
qui demeure et sa source réside dans l'agressivité paléocéphalique. Il paraît
biologiquement absurde d'espérer faire disparaître l'exploitation de l'homme en
conservant sa source céphalique. Le seul résultat d'une telle tentative a été la
naissance de la bureaucratie.
1- Solution
pharmacologique
Il est maintenant possible d'agir sur l'hypothalamus pour en
déprimer le fonctionnement et diminuer ou supprimer l'agressivité (chute du tonus
agressif). Les tranquillisants (ex. chlorpromazine) entraînent une sensation de quiétude
qui remplace l'anxiété d'une agressivité refoulée par les interdits sociaux.
On peut opposer cependant à cette solution que le
"désintéressement" (nouvel état comportemental) est susceptible de diminuer
l'imagination et la créativité. L'expérience montre qu'avec certains tranquillisants et
à certaines doses il n'en est rien. Le fonctionnement du cerveau associatif n'est pas
obligatoirement déprimé par la dépression de celui du cerveau reptilien.
2- Solution
psychosociologique
Orienter l'agressivité de l'homme contemporain vers une forme
nouvelle de lutte, la découverte de solutions neuves aux problèmes dans tous les
domaines. Cette motivation puissante pourrait ouvrir une ère nouvelle pour l'humanité.
Tant que chacun de nous restera enfermé dans ses problèmes
environnementaux immédiats, il y a peu d'espoir que ce jour arrive. Cependant,
l'accélération croissante de diffusion des informations, leur planétisation, tendent,
jour après jour, à généraliser les problèmes fondamentaux et à noyer les problèmes
personnels dans ceux-ci. (181)