Socio
:
Québec Répudie Charest
Sondage Crop-La Presse- 98,5
Collaboration spéciale Denis Lessard
La Presse, Montréal, Jeudi 07 Avril 2005
Les Québécois répudient Charest
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Photo: Martin Tremblay, La Presse 80 % des Québécois estiment que, contrairement au slogan du PLQ, Jean Charest et son équipe n'étaient pas prêts à gouverner, une impression partagée par 58 % de ceux qui ont voté libéral il y a deux ans. |
Les libéraux de Jean Charest n'étaient pas du tout «prêts à gouverner» en dépit de leur slogan de 2003. Pire encore, ils n'ont pas répondu aux attentes, ni trouvé les solutions qu'ils promettaient au moment de la campagne électorale.
Ces constats sont faits par la maison CROP
dans le cadre d'un imposant sondage, commandé par La Presse, les journaux
du groupe Gesca de même que par la station montréalaise 98,5.
Pour établir cette photo détaillée de la perception des électeurs à mi-mandat du
gouvernement, CROP a interrogé 1008 personnes du 17 au 30 mars derniers; cette
enquête comporte une marge d'erreur de 3 points de pourcentage.
Selon Claude Gauthier, vice-président de CROP, «les libéraux sont en route vers
la défaite avec de tels résultats.
Ils sont troisièmes chez les francophones, c'est pour eux catastrophique»,
souligne le sondeur. Sondage après sondage, la défaveur des électeurs à
l'endroit du PLQ se confirme. «Ce sondage n'est pas un accident de parcours»,
poursuit-il.
Quand on leur demande comment le gouvernement Charest a répondu «aux attentes
des Québécois qui voulaient du changement aux dernières élections», trois
personnes sur quatre, soit 75 %, répondent «plutôt mal ou très mal». Pas moins
de huit francophones sur 10 partagent cette impression.
De même, quand on leur rappelle le slogan du PLQ, qui soutenait que les libéraux
étaient prêts à gouverner, 80 % des Québécois estiment que c'était faux, une
impression partagée par 58 % de ceux qui ont voté libéral il y a deux ans.
Et, dur verdict pour l'équipe Charest, seulement 62 % des gens qui ont voté
libéral il y a deux ans le referaient aujourd'hui, tandis que le PQ conserve 85
% de son vote de 2003 et l'ADQ, 90 %.
Autre gifle, CROP a vérifié si l'élection du PLQ avait été «une bonne ou une
mauvaise chose pour le Québec». Ici, 58 % des gens - et 65 % des francophones -
estiment que l'arrivée des libéraux au pouvoir a été néfaste pour le Québec,
tandis que 35 % des gens pensent le contraire.
À environ deux ans du prochain appel aux urnes, les Québécois ne parient guère
sur les chances d'une réélection des libéraux. Ainsi, 66 % des gens pensent
qu'elles sont «mauvaises ou nulles», 31 % étant d'avis inverse.
Indice supplémentaire que tout ne tourne pas rond à Québec, une proportion
importante de Québécois, 56 %, estiment que ce gouvernement a une performance
inférieure à la moyenne par rapport aux précédents gouvernements. Seulement 6 %
estiment qu'il obtient de meilleurs résultats.
Par rapport à ses promesses d'il y a deux ans, le gouvernement déçoit. Ainsi, 64
% des Québécois sont insatisfaits de sa performance économique, 68 % sont
mécontents des services de santé, 71 % sont déçus quant aux réductions d'impôts
et le verdict est encore plus sévère en éducation avec 74 % de verdicts
défavorables. Fait à noter, le sondage a été mené durant la grève des étudiants.
On le savait, la décision de reculer sur le financement des écoles juives a fait
recette et 61 % des personnes interrogées approuvent cette volte-face.
Mais pour d'autres décisions, le gouvernement paraît avoir tout faux.
Soixante-quinze pour cent des gens disent donc non aux baisses d'impôts si elles
entraînent des coupes dans les services publics. «Ce n'est pas la première fois
que les gens disent non aux baisses d'impôts, on voyait les mêmes chiffres il y
a un an», observe M. Gauthier.
Aussi, 69 % des gens sont insatisfaits des décisions relatives aux prêts et
bourses et 53 % n'aiment pas la façon dont a été réglé le conflit à la SAQ. La
décision sur l'emplacement du CHUM à Montréal est plus partagée : 42 % des gens
sont défavorables au choix et 35 % l'approuvent, moins de 22 % des gens y
restant indifférents.
La chute se poursuit
Les questions plus traditionnelles sur les intentions de vote et la satisfaction
à l'endroit du gouvernement viennent confirmer la descente aux enfers du
gouvernement, et montrent que le remaniement ministériel n'aura rien fait pour
améliorer sa cote. En mars, 71 % des Québécois étaient insatisfaits du
gouvernement, un bond de trois points sur le mois précédent. Inversement, la
cohorte de ceux qui sont contents de la performance du gouvernement rétrécit
encore et avec 27 %, on se rapproche du creux record de 25 % du printemps 2004.
«L'insatisfaction est profonde et durable, 78 % des francophones sont mécontents
», souligne Claude Gauthier.
Les intentions de vote laissent prévoir une victoire du PQ si des élections
avaient eu lieu en mars. Quand CROP répartit les 10 % d'indécis, elle observe
que le PLQ est à son plus bas niveau depuis les élections, à 30 %, devançant l'ADQ
de deux points, mais devancé par le PQ à 39 %. Chez les francophones, avec 17 %
des intentions de vote, les libéraux sont largement dépassés par le PQ (40 %) et
l'ADQ. Avec 29 % du vote francophone, sa plus forte performance depuis les
dernières élections, le parti de Mario Dumont fait une remontée importante de 6
points.