Collaboration
Anne-Marie Tremblay
Montréal Express, Jeudi, 14 Juin 2007
Les organismes jeunesse : une bouée de sauvetage
1994. Prostituées et junkies ont envahi le parc Louis-Hamelin, juste en face du HLM Hochelaga. La prostitution a même envahi les couloirs du complexe comptant plus de 100 logements. Devant l’urgence de la situation, les groupes communautaires du milieu ont mis la main à la pâte, ouvrant un groupe jeunesse au sein du complexe. C’est la naissance de l’Apparte.
C’est souvent en temps de crise que le milieu s’organise pour ouvrir la porte des HLM aux groupes communautaires, constate Annick Germain, chercheuse à l’INRS. Le seul fait d’avoir une présence dans ces complexes où vivent ensemble des centaines de personnes défavorisées peut changer complètement la donne. « Quand on a ouvert nos portes, le nombre de plaintes au poste de quartier a diminué de moitié! », souligne Sophie Bourque, directrice de l’Apparte.
La voie d’évitement de la délinquance
Si un ado claque la porte de son appartement après une chicane, il n’a qu’un pas à franchir avant de trouver réconfort et oreilles attentives. En ouvrant la porte aux jeunes et aux enfants qui en éprouvent le besoin, les groupes offrent une alternative à la délinquance. « Plus on occupe les jeunes, plus on les sort de la rue! » Une recette éprouvée, estime le commandant du poste de quartier (PDQ) 40, Roger Bélair. Activités, aide aux devoirs, discussions, repas, soirée-cinéma : tous les moyens sont bons pour les occuper.
Le fait de prendre part à des
activités, de faire partie d’un groupe, stimule énormément le sentiment
d’appartenance des jeunes. Même son de cloche du côté de l’Apparte. « Ceux qui
fréquentent notre organisme peuvent se confier, faire partie d’un groupe et
surtout, être en contact avec des exemples positifs. Plusieurs de nos
intervenants n’ont pas toujours eu une vie facile, mais aujourd’hui, ils
travaillent à aider les jeunes. Ils peuvent servir de modèle pour les ados du
HLM. »
Les groupes jeunesse servent parfois de pont vers l’extérieur pour certaines
familles. « Plusieurs personnes craignent d’aller chercher de l’aide à
l’extérieur des murs du HLM, parce qu’elles sont stigmatisées. Nous faisons donc
du travail de milieu directement auprès des jeunes et de leur famille. S’il y a
un problème, au lieu d’aller au CLSC, ils viennent directement nous voir. On les
écoute, les supporte et, s’il le faut, on les prend par la main, on va avec eux
chercher les ressources dont ils ont besoin! »
Dans les HLM de Montréal, 82
organismes communautaires pilotent 92 projets. Activités jeunesse, insertion
sociale, loisirs, sécurité alimentaire, suivi scolaire et soutien sont leurs
principaux champs d’intervention.