Socio : Commission Gomery > 3 x RDI      Mesurez votre audience

Collaboration spéciale Hugo Dumas
La Presse, Montréal, Mercredi, 23 Mars 2005  

La commission Gomery fait tripler l'auditoire de RDI

Photo Martin Tremblay, La Presse

Le juge John Gomery

La diffusion intégrale des travaux de la commission Gomery amène beaucoup de téléspectateurs au Réseau de l'information (RDI): toutes les fois où un témoin-vedette comme Jean Lafleur ou Gilles-André Gosselin s'amène à la barre, les cotes d'écoute triplent.

RDI n'a pas comptabilisé un auditoire aussi captif depuis la guerre en Irak, au printemps 2003. En moyenne, près de 100 000 téléspectateurs suivent religieusement et quotidiennement les révélations sur le scandale des commandites. C'est trois fois plus que les auditoires réguliers de RDI entre 9h30 et 16h.

Jusqu'à présent, c'est le témoignage de l'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien, qui a été le plus regardé avec une moyenne de 140 000 téléspectateurs. Jean Lafleur, patron de l'agence Lafleur Communication Marketing, arrive deuxième avec 127 000 personnes.

«Pendant le témoignage de Jean Lafleur, nous avons eu une pointe à 180 000 téléspectateurs. À ce moment-là, nous étions troisièmes dans le marché derrière TVA et Radio-Canada», dit le premier directeur de l'information, nouvelles et actualité, de la SRC, Sylvain Chamberland.

Qu'est est-ce qui pousse des milliers de gens à suivre les rebondissements de la commission Gomery comme s'il s'agissait d'un feuilleton? «Ce sont les Bougon de la haute, répond Sylvain Chamberland. Et c'est un peu le Watergate du Québec. C'est un soap incroyable, avec des gens en cravate qui sont assis dans le box des accusés et qui doivent répondre à des questions.»

Selon RDI, les trois quarts des accros au téléroman Gomery ont plus de 50 ans. Et 57 % sont des hommes. Afin de répondre à la demande, RDI a aussi programmé un résumé quotidien des points saillants de la commission, animé par Patrice Roy et Bernard Drainville. Les cotes d'écoute de cette émission, diffusée à 22h depuis le 14 mars, ne sont pas encore disponibles. Les derniers chiffres de RDI datent du 10 mars.

Plusieurs émissions spéciales de RDI franchissent régulièrement la barre des 100 000 téléspectateurs. Par exemple, quand Michael Jackson a débarqué à son procès en pyjama, 151 000 personnes ont syntonisé RDI. Mais pour une courte période de temps. «Ce qui est surprenant avec la commission Gomery, c'est la durée. Les gens restent et veulent que l'on diffuse l'intégrale des témoignages», indique la chef des communications de RDI, Diane Lafontaine.

Depuis le début février, RDI entre en ondes à 9h30 avec les débuts des travaux de la commission, présidée par John Gomery. Le tout se termine en fin de journée. Les fidèles, comme pour un soap, n'en ratent pas une minute.

L'intérêt des Québécois pour la commission Gomery ne se limite pas aux bulletins d'information. Tous les vendredis, Infoman présente un collage des meilleurs éléments de la semaine. «Chaque fois que l'on parle de la commission Gomery, les gens en redemandent, précise Jean-René Dufort. La commission remplace quasiment notre hockey.»

L'équipe d'Infoman enregistre et regarde toutes les sessions de la commission Gomery. Et les employés de la commission savent qu'ils sont scrutés et que leur moindre faux pas sera rapporté. «Quand il y en a un qui s'enfarge, les autres l'agacent en disant qu'il va passer à Infoman», note Jean-René Dufort.

D'ailleurs, le juge Gomery est quasiment devenu une vedette au Québec, note Jean-René Dufort. «Le fait que le juge Gomery soit si sympathique l'aide beaucoup. Il sourit, il fait des petites blagues. C'est même rendu que le juge et (le procureur) Guy Cournoyer répondent à leur courrier pendant la commission», souligne Jean-René Dufort.