Santé
: La Personnalité Limite (2)

Collaboration spéciale Danielle
Perreault M.D.
La Presse, Montréal, Dimanche, 04 Avril 2004
Personnalité
Limite
: Vos répliques
Voici
deux des réactions suscitées par ma chronique du 7 mars portant sur le trouble
de personnalité limite.
1. Où
sont les ressources?
Il est encourageant de mieux connaître le « trouble de personnalité », qui
est parfois dur à comprendre. J'ai été diagnostiquée avec ce trouble en
2000. J'ai 28 ans et j'aimerais vivre autrement. Je cherche de l'aide et je lis
tout ce qui me passe sous le nez afin de toujours mieux me comprendre. Je suis
tellement impulsive que je finis par toujours me faire mal. Je cherche de
l'aide. Nadine
Il existe des centres spécialisés qui offrent un suivi aux personnes qui
souffrent de ce trouble de la personnalité. À Montréal, il y a
Louis-Hippolyte Lafontaine, l'hôpital Royal Victoria, l'hôpital Douglas et du
Sacré-Coeur (Institut Albert-Prévost). À Québec, il y a l'Institut
Robert-Giffard. Ne restez pas seule avec votre souffrance, reprenez contact avec
un médecin de famille ou un psychiatre.
J'ai reçu aussi des courriels de personnes qui vivent loin de centres
hospitaliers, qui vivaient avec une personne atteinte et qui ne savaient plus
comment s'y prendre. Le service psychosocial de votre CLSC local est là pour
vous recevoir et vous guider à travers cette maladie si difficile.
2.
Le pronostic
Quinze ans après le diagnostic, 75 % des personnes ne montrent plus de signe de
ce trouble. Vingt-cinq ans plus tard, la maladie n'existe plus chez 95 % d'entre
elles et il n'y a pas de rechute. Et certaines s'en tirent bien plus tôt que ça.
Voici le témoignage de l'une d'elles.
Bonjour,
Suite à l'article sur la personnalité limite, je vous
envoie mon opinion et mon cas personnel. Bien sûr, ce n'est pas une étude
scientifique, mais si cela peut aider quelqu'un où l'une de vos patientes, ça
sera tant mieux.
Depuis l'enfance, et surtout l'adolescence, j'ai vécu tous
les troubles décrits dans l'article, SAUF l'auto-mutilation, mais avec déprimes
et dépressions récurrentes. J'ai été dans un état instable durant plusieurs
années, fragile, susceptible, avec des épisodes où j'avais l'impression de
" ne pas habiter mon corps ", des troubles anxieux, avec attaques de
panique et compulsions et, bien sûr, avec une faible estime de moi.
À l'adolescence, je passais de la crise de larmes à
l'hilarité. Même moi, qui viens d'une famille peu instruite, en région, avec
des problèmes de dépendance et d'alcoolisme, je ne trouvais pas ça normal.
Comme j'ai toujours eu d'excellents résultats scolaires, un
talent créatif et une persévérance exceptionnelle, je suis maintenant à
Montréal et je suis devenue une professionnelle reconnue dans le domaine du
marketing et des communications. Je poursuis aussi des études universitaires et
je suis beaucoup plus équilibrée maintenant. J'ai 29 ans.
VOICI DES PISTES DE SOLUTIONS EFFICACES, qui ont fait une
différence majeure dans mon état:
> cours et lectures en psychologie (cognitive et béhaviorale
surtout), compréhension, acceptation;
> prendre la pilule (Alesse dans mon cas), un grand
stabilisateur d'humeur;
> pratiquer des sports, extrêmes, créatifs ou
difficiles, avec du cardio (régénère et apaise le corps ainsi que le mental,
élimine les toxines);
> alimentation riche en magnésium, protéines, fibres
complètes et peu de sucre raffiné (empêche les hausses et baisses énergétiques).
Anonyme
Bruxisme chez un enfant
Antony, mon fils de 4 ans, a un problème de bruxisme
nocturne depuis longtemps. Le problème est constant et très bruyant. Comme la
plaque occlusale est contre-indiquée et de toute façon il l'enlèverait
probablement de sa bouche, avez-vous quelques trucs à me conseiller?
Parfois, j'essaie de lui ouvrir la mâchoire quand cela se
produit, ce qui le réveille. Parfois, il cesse un moment, mais il recommence
presque aussitôt. Croyez-vous que si je m'installais quelques jours à côté
de lui pendant son sommeil, lui ouvrant la mâchoire avec mon doigt, quand cela
se produit, je l'empêcherais de grincer des dents, ou du moins lui enleverais
cette habitude? Il trouverait ça désagréable et arrêterait peut-être de le
faire afin de pouvoir bien dormir...
J'en ai parlé avec son médecin qui me dit toujours que ça
passera. J'aimerais bien briser cette mauvaise habitude avant qu'il endommage
ses dents et ses gencives et ses dents d'adulte à venir. Que me
conseillez-vous?
Vous ne pouvez malheureusement rien faire contre cette habitude inconsciente. Néanmoins
comme le souligne le Dr Gilles Lalonde, de la faculté de médecine dentaire de
l'Université de Montréal, il faut mettre en place de bonnes conditions de
sommeil: lit confortable, humidité adéquate de la pièce, etc. Chez les
enfants, on doit éviter les stimulants (jeux excitants, etc.) avant d'aller au
lit.
Je vous conseille surtout un bon examen buccal auprès d'un dentiste. Il faut
aussi savoir que la plaque occlusale chez l'enfant (à partir de 6-7 ans) n'est
pas contre-indiquée et peut être utilisée dans de cas sévères pour
conserver sa dentition. Elle doit être changée aux trois à six mois.
Ronflement
Dans une vie antérieure, alors que mon poids vacillait entre 100 et 115
kilos, j'ai eu besoin d'un CPAP (NDLR: un appareil permettant de garder les
voies respiratoires ouvertes). Heureusement, cette époque n'a duré que 4 mois.
Aujourd'hui, je pèse approximativement 92 kilos (et ce n'est pas fini). J'ai un
CPAP qui a à peine servi...
Monsieur P.
Je ne peux que me réjouir avec vous que la « simple » perte de poids ait résolu
votre sérieux problème de ronflement et d'apnée. Désolée pour les pertes
financières, mais vous y gagnerez au centuple à long terme.
Voir : Personnalité
Limite
(1)