Socio : Fêtes et Père Noël
collaboration
Marie-Odile
Mergnac
notrefamille.com , Lundi 04 Décembre 2006
Le Père Noël dans le monde
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Le premier
cadeau de Noël, c’est bien sûr
l’annonce de la Bonne Nouvelle. Mais, depuis le XVIe siècle dans certaines
régions, depuis le début du XXe siècle seulement dans d’autres, on a coutume
d’offrir des présents aux enfants.
D’abord des fruits secs, des pommes, des pruneaux, des fleurs séchées…
maintenant des jouets en surnombre. Une caractéristique permanente :
l’anonymat du donateur. En
quelque sorte tombés du ciel, les
cadeaux sont attribués selon les régions du monde à des personnages plus magiques les uns que les autres…
Saint Nicolas
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Saint Nicolas est le plus ancien père Noël. Dans le nord et l’est de la France mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne, en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis…, il a été le premier à distribuer de menus présents aux enfants, le 6 décembre. Dans les représentations populaires, il est coiffé d’une mitre, parfois chaudement vêtu d’un manteau rouge et violet et portant la barbe, à l’instar de celui qui va lui succéder : le père Noël. Il reçoit aussi les requêtes des enfants, oralement ou par écrit.
Le Christkindl, les anges et les Rois mages
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En Alsace et en Allemagne, la Réforme écarta
le bon saint Nicolas pour le remplacer par
l’Enfant Jésus (Christkindl)
dans l’imaginaire de Noël. Un Jésus déjà grandi, décrit comme un enfant de huit
ans (il fallait qu’il ait la force d’apporter des cadeaux !), parfois aidé par
des anges ou par une « Dame de Noël ».
Au Mexique, on trouve la même idée, mais Jésus n’est pas seul, tout le monde s’y
met ! On affirme aux enfants que c’est à la fois
Jésus,
Marie,
Joseph, les
trois Rois mages, les
bergers et les
anges, pas moins, qui assurent
la distribution !
En Espagne, les cadeaux n’étaient distribués autrefois que
le soir de l’Épiphanie (6
janvier) par les Rois mages eux-mêmes.
La Befana et Babouchka
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En
Italie, le mot Befana
signifie Épiphanie, mais il désigne aussi, selon la tradition, une
vieille femme arrivée trop
tard à la crèche pour adorer le Christ et qui distribuerait depuis cette date
des cadeaux aux enfants,
parce qu’elle trouve un peu de Jésus dans chacun d’eux. Elle ne passe pas à Noël
mais la nuit du 5 au 6 janvier, et se glisse par la
cheminée pour laisser ses
présents dans les chaussons des petits.
En Russie, même genre
de légende : la vieille Babouchka
avait laissé partir les rois mages sans vouloir les suivre. Prise de remords,
elle était finalement partie à leur recherche, mais n’avait jamais réussi à
trouver la crèche de l’Enfant Jésus.
Depuis, elle continuait sa quête de maison en maison, en y laissant des cadeaux
le jour de Noël.
Des auxiliaires divers…
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En Languedoc, en Bourgogne et en
Franche-Comté, c’est la bûche de Noël
elle-même qui apporte les cadeaux : elle a souvent été creusée pour les recevoir
et les enfants doivent la frapper jusqu’à ce que saute le bouchon qui maintenait
les présents cachés.
Dans une partie de la Franche-Comté,
les surprises étaient apportées, disait-on, par la
Tante Arie. La tradition la
décrivait comme une dame bien vieille
avec un visage jeune et des pattes
d’oie en guise de pieds. Tout emmitouflée, elle faisait le tour
du pays, un bâton dans une main, accompagnée d’un âne chargé de tous les jouets
et de toutes les friandises qu’il lui fallait distribuer.
Dans le Berry, c’est
un enfant, « le petit Naulet »,
qui assurait la distribution. En
Savoie et en Suisse,
c’était un vieux bonhomme, le père
Chalande, qui passait, ou bien, dans le canton de Neuchâtel, des
« fées de Noël ». En Suède,
dans une partie des pays germaniques et en Catalogne espagnole,
sainte Lucie (dont la fête est
le 13 décembre) joue le même rôle.
Saint Nicolas et
sainte Catherine l’accompagnent parfois.
Le père Noël
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Inventé dans les années 1820 aux États-Unis, le père Noël a remplacé progressivement, dans l’imaginaire enfantin, les autres pourvoyeurs de cadeaux. En France, il fait quelques timides apparitions pendant l’Entre-Deux-Guerres, mais il s’implante surtout après la Seconde Guerre mondiale. Le prestige des Américains, qui ont participé au Débarquement et à la Libération, y est pour beaucoup, ainsi que le succès de la chanson de Tino Rossi, Mon petit papa Noël, en 1949. Le père Noël est aujourd’hui aussi universel que la fête de Noël, et sa physionomie converge dans tous les pays du monde vers la barbe blanche et les habits rouges...
Texte : Marie-Odile Mergnac