Bio :
Le Gène de la Peur Chez la Souris
APF
Washington, Vendredi 18 Novembre 2005
Découverte du gène de la peur chez la souris
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| Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse |
Des chercheurs américains ont découvert
le gène de la peur chez les souris, au comportement d'ordinaire craintif, selon
une étude publiée vendredi dans la revue Cell.
Ces scientifiques ont trouvé que ce gène, appelé stathmine, présent en grande
quantité dans la partie du cerveau dite amygdale, contrôle la peur innée et
celle mémorisée résultant de l'expérience.
Les souris privées de ce gène se sont montrées téméraires dans des situations
qui devraient instinctivement leur inspirer de la peur, a expliqué Gleb
Shumyatsky de l'Université de Rutgers qui a dirigé ces travaux.
Elles ont également montré peu d'angoisse
dans des expériences qui s'étaient précédemment avérées désagréables, indiquant
un manque de capacité à mémoriser les dangers et, en conséquence, à manifester
de la peur.
Par ailleurs, l'altération de ce gène ne paraît pas affecter les souris dans
leur comportement général, «comme par exemple leurs capacités d'apprentissage de
leur environnement», a-t-il ajouté.
Cette percée génétique pourrait aider les scientifiques à créer de nouveaux
médicaments pour traiter une variété de problèmes comme les phobies ou les
pertes de mémoire après une expérience traumatisante, a estimé Gleb Shumyatsky.
Cette découverte surprise donne un nouvel éclairage sur le mécanisme de la
panique et de l'angoisse dans le cerveau et «les applications cliniques
potentielles pourraient être importantes pour les personnes souffrant de
troubles mentaux liés à la peur», a ajouté ce scientifique.
Elle pourrait être d'autant plus applicable aux humains que le système cérébral
générant la peur est similaire chez les petits mammifères.
«Alors que les circuits de neurones liés à la mémoire, qui contrôlent l'état de
peur ou de panique dans le cerveau des mammifères sont bien compris, on sait peu
de choses sur les mécanismes moléculaires derrière ces réactions», a aussi
relevé Gleb Shumystsky.
Les peurs instinctives comme celles par exemple de tomber dans le vide ou de
certains prédateurs sont spécifiques à l'espèce, et ne relèvent pas d'un danger
réel ou potentiel, a précisé ce scientifique.